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Lundi 10 janvier 1 10 /01 /Jan 15:53

Baptême de Jésus 2011.

 

Frères et sœurs,

 

                   Comme Jésus nous avons été baptisés. Nous pourrions alors, en ce dimanche où nous évoquons son baptême, nous demander : « qu’est-ce cela signifie pour nous, être baptisé « ? Ou encore : « Etre baptisé à quoi ça sert ? » Telle pourrait être la question de beaucoup d’entre nous ici présents. En effet quand je vois, disent certaines personnes, les difficultés, les souffrances, les problèmes dans lesquels je me débats, je me pose la question : « être baptisé, ça change quoi ? » J’ai envie, moi, de répondre : « être baptisé, ça ne change rien, et en même temps ça change tout ! » Je m’explique.

Etre baptisé, ça ne change rien, je veux dire que je reste évidemment homme, femme, avec ce que je suis, et ce qui me caractérise par rapport à ma race, à ma culture, à ma situation sociale et géographique. Ca ne change rien parce que je reste un homme, une femme qui vit comme les autres personnes dans un pays précis, partageant les joies et les tristesses de ce pays. Le baptême ne me fait pas devenir un « super-quelque chose ». C’est important de souligner cela : je ne suis pas devenu un ange. Je reste un humain.

Et c’est du reste ce que je remarque en Jésus, baptisé lui aussi. Il n’est pas un super-homme : on ne nous dit, nulle part, dans l’Evangile qu’il ait inventé quelque chose ( une machine ou un appareil quelconque, rien !)  Après tout, cela eût été possible ! Non ! Jésus est un vrai homme, semblable à nous, dit st. Paul, en toutes choses, excepté le péché.

Homme, il vécu la vie ordinaire des hommes ordinaires de son époque. Il a sans doute travaillé de ses mains pendant les 30 premières années de sa vie, partageant la vie des gens de son village, la vie des marins-pêcheurs dont certains devinrent ses disciples, allant et mangeant chez ceux qui l’invitaient(comme par ex. Simon le Pharisien).

Comme tout homme, il a connu la fatigue, la faim et la soif au point un jour de s’asseoir sur le bord d’un puits dans l’attente de quelqu’un qui lui donnerait un peu d’eau.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je souligne cela ? Et bien parce que le Baptême, ou mieux encore l’Esprit que Jésus a reçu en plénitude, ne lui a pas épargné les difficultés de la vie et facilité les relations avec les gens. Le baptême ne lui a pas  automatiquement changé la vie et la complexité de celle-ci. En effet, Jésus a rencontré des hommes méchants qui l’épiaient, et qui lui tendaient des pièges. Il a été mis en accusation, dénoncé, trahi, traduit en justice, vendu pour quelques pièces d’argent. Enfin, il a été condamné dans un procès truqué et injuste. L’Esprit, qu’il avait reçu en plénitude le jour de son baptême, ne lui a épargné ni la trahison, ni l’assassinat, ni la mort.  Quand je dis  donc « qu’être baptisé ça ne change rien », je veux dire donc que je demeure créature humaine, homme, femme avec tout ce qui fait la difficulté et la complexité de la vie humaine.

Et pourtant.. Et pourtant « être baptisé, ça change tout. » Car précisément l’Esprit Saint, reçu au baptême me donne une certitude, celle d’être enraciné dans l’amour du Père, certitude qui fait dire à St. Paul dans la lettre aux Romains Ch.8. « Qu’est-ce qui peut nous séparer de l’amour du Christ ? La détresse ? L’angoisse ? La persécution ? La faim ? Le dénuement ? Le danger ? Le supplice ? Ni la mort, ni la vie, ni les esprits, ni les puissances, ni le présent, ni l’avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus-Christ notre Seigneur. »  Magnifique lettre que Paul adresse aux chrétiens de Rome. J’ai donc cette assurance, cette certitude d’être enveloppé de l’amour du Père, même au cœur de la souffrance et de toute détresse. Je peux vivre ma vie dans la Foi en Dieu Père, dans la  confiance, la sérénité et la paix, parce que je suis aimé d’un amour formidable. C’est aussi cela qui me frappe chez Jésus. Il vit la vie ordinaire des hommes ordinaires, mais d’une façon originale. Habité par l’amour du Père, il passait dit l’Evangile, en faisant le bien. Il n’était indifférent à aucune souffrance, à aucune personne malade. A ceux qui étaient désespérés, parce que marginalisés, pécheurs ou malades, il apportait la joie du pardon ou de la guérison : « Tes péchés sont pardonnés ». « Lève-toi et marche ! »

Etre baptisé ça change tout, parce que désormais je sais que, comme pour Jésus, l’Esprit de Dieu repose sur moi, l’Esprit de Dieu m’a consacré. Il m’a envoyé proclamer la paix, la joie.

Etre baptisé, ça change tout parce, désormais, je suis appelé à vivre mon existence aussi dans trois dimensions, ou dans trois relations si vous voulez. Je m’explique : il y a d’abord la relation au temps (j’ai tel âge) ; ensuite la relation à l’espace (j’habite dans un pays, dans un lieu). Enfin une troisième relation : je vis pour quelqu’un. Deux fiancés par ex. qui s’aiment, ils font l’expérience de cette troisième relation : ils ont le sentiment d’exister l’un pour l’autre, l’un  par rapport à l’autre, c’est la relation de l’amour. Et bien comme baptisé, en tant que baptisé, je vis cette troisième dimension, cette troisième relation moi aussi : j’existe pour Dieu,  j’existe comme fils de Dieu. Alors, comme pour Jésus, mon baptême a été une investiture, une déclaration d’amour de la part du Père : « Tu es mon fils, aujourd’hui je t’ai engendré, ou dans st. Mathieu : « Celui-ci est mon Fils biens aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour. »

Reconnaître ma réalité de fils de Dieu, ce n’est pas pour autant trahir ma réalité de fils d’homme. Je suis l’un et l’autre. Je suis solidaire de mes frères dans la chair, sans trahir ma solidarité avec Dieu qui me fait autre dans l’existence humaine, en l’appelant Père.

Etre baptisé, ça change tout, pour quelle raison enfin ? Parce que, ce « Je » qui est moi, suis introduit dans une communauté, dans un peuple. Avec des frères, hommes et femmes baptisés comme moi, je vis un « Nous » très spécifique. Ce « Nous » c’est l’Eglise, où il n’y a plus de distinction de race,  « ni juif, ni grec, ni esclave, ni homme libre  comme dit st. Paul » : L’Eglise de Jésus-Christ, appelée par vocation à être levain dans la pâte et lumière du monde.

Ce « Nous » est toujours à faire et à refaire, car chacun dans sa vie arrive encore à faire,( hélas !) l’expérience du péché, et de la faiblesse charnelle. Mais tout change, parce que, par grâce, le péché lui-même est l’occasion et le lieu de proclamer la miséricorde surabondante de Dieu. Il se révèle là plus qu’ailleurs, un Père plein de miséricorde et de tendresse. « Dieu de tendresse et de pitié, Dieu plein d’amour et de fidélité, Dieu qui pardonne à ceux qui t’aiment et qui garde ta Parole, dit la Bible : c’est ainsi qu’il se révèle à ceux qui croient en Lui.

Quant à l’objection véhiculée par les sectes : « que  Jésus a été baptisé à l’âge de 30 ans, et que par conséquent il faut recevoir le baptême quand on est grand à l’âge de raison », ce n’est absolument pas de cela dont il est question ici dans ce texte. Le baptême de Jésus est une manifestation trinitaire, un dévoilement de la divinité de Jésus : il est le Fils bien aimé du Père, habité par l’Esprit. Amen

Par Yves GILLOT
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Jeudi 25 novembre 4 25 /11 /Nov 15:05

1° dimanche de l’Avent.2010

 

Frères chrétiens,

 

                             Le premier dimanche de l’Avent ouvre une nouvelle année liturgique. L’occasion est belle par conséquent de  réentendre l’essentiel, je dirai l’espérance et l’objet de notre Foi. Faisons d’abord attention aux premiers mots de l’Evangile d’aujourd’hui : « Jésus parlait à ses disciples de sa venue.. » Jésus reviendra. Et oui ! Peut-être l’avons-nous oublié, un peu, beaucoup,  pas du tout !… ? Parce que  nous sommes  sans doute (dit l’Evangile) préoccupés par des choses nécessaires et urgentes « comme  avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait »… St. Paul en quelques mots nous avertit aussi : « la nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. C’est le moment l’heure est venue de sortir de votre sommeil » . C’est ainsi que Paul s’adressait aux chrétiens de Rome, et c’est aussi avec ses  mêmes paroles d’exhortation que l’Eglise ouvre le temps de l’Avent.

L’Avent est, en effet,  un temps de préparation à une fête  prochaine qui s’annonce, mais plus encore un appel à un  changement : « Les armes ne se lèveront plus pour tuer, ni saccager. La conversion des épées en socs de charrue et des lances en faucilles témoigneront du changement profond opéré dans le cœur de l’homme. » Ces paroles du Prophète Isaïe ne doivent pas être des vieux pieux, mais un appel à, une véritable conversion ! Déjà les signes de la fête de Noël apparaissent dans nos rues, ou se font entendre à la radio. Le signal est donné qu’il faut préparer la fête, pour ne pas la rater. Mais cette mobilisation qui va aller s’accentuant dans les jours qui viennent risque de masquer la vraie préparation et la vraie vigilance à laquelle nous invite la Parole de Dieu. Temps de préparation et aussi temps de révélation que cette période de l’Avent. Car Dieu se révèle. Dieu se manifeste comme quelqu’un de proche, proche de nous. Proche dans le temps parce que dès aujourd’hui nous entendons sa voix et nous tournons notre cœur vers Lui. Proche dans l’espace, car je peux l’atteindre dans le prochain que je rencontre dans la rue. « J’avais faim et tu m’as donné à manger.. Chaque fois que tu l’as au plus petit de mes frères, c’est à moi que tu l’as fait. »

Temps aussi de relance de l’espérance. Dans notre vie tiraillée, dans notre monde déboussolé, perturbé, on a envie de baisser les bras parce que les problèmes sont chaque jour plus  nombreux, plus complexes : la violence, les familles brisées, les divorces qui augmentent, le chômage, la drogue, les grèves, des gens de plus en plus jeunes dans les rues etc. Tout cela devient  angoissant et inquiétant. On a envie de fermer les yeux et de ne pas voir. Or en ce temps de l’Avent, la Parole de Dieu vient relancer notre courage, notre patience, et notre générosité.

Rappelons-nous, quand nous étions jeunes enfants, à l’école, et que nos résultats scolaires n’étaient pas brillants, nos parents, nos maîtres d’école élevaient la voix pour nous stimuler : « Allons ! Mon fils, réveille-toi, ton avenir est en jeu. Courage. Ton avenir est entre tes mains. ! »

Ce qui est entre nos mains, c’est en premier lieu notre pays, la Guadeloupe. C’est l’avenir de notre peuple dont nous sommes solidaires. Or cette solidarité n’est pas illusoire. Elle doit être active. Pas seulement à la suite d’un cyclone, ou  d’un tremblement de terre, comme cela  est arrivé récemment, en Haïti, ou  à Ste Lucie, en donnant de l’argent ou des boites de conserve pour les sinistrés, mais encore dans des petites communautés de quartier. Se rassembler ainsi, dans des petites groupes de quartier, c’est donner à ceux qui y participent l’occasion de regarder la vie des personnes, et de réfléchir  à la lumière de l’évangile, autrement  qu’en fermant systématiquement les yeux  et les oreilles sur ce qui se passe. L’Avent est vraiment une saison où nous nous remettons à l’école, à l’école de l’Evangile. La Parole de Dieu nous presse de sortir de notre sommeil, i.e. de tout ce qui en nous, paresse,  orgueil, égoïsme, vanité, étouffe l’essentiel.

L’Evangile nous lance un appel à sortir de l’ambiance matérialiste qui risque d’étouffer notre énergie et notre espérance. « A cette époque (je cite l’Evangile) avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche. Les gens ne se sont doutés de rien jusqu’au déluge qui les a tous engloutis. »

Manger, boire, dormir, construire, faire du commerce, ce sont des choses très utiles. Mais ce n’est pas le tout de la vie. Il faut rester vigilant pour ne pas perdre de vue l’essentiel. Souvent même (vous avez fait l’expérience comme moi-même) il faut se battre pour que les choses les plus urgentes, les plus nécessaires ne prennent pas  toute la place dans notre cœur et dans notre vie. Il y a des choses importantes, urgentes, mais il y en a aussi qui sont essentielles. C’est donc le temps de faire le point : Faire le point, ça veut dire quoi ?.. C’est regarder sa propre vie. Exemple, il y a  des personnes qui donnent  plus de temps à soigner leur voiture qu’à s’occuper de leurs enfants: ça existe. Des personnes qui passent des heures et des heures devant la télé et qui disent qu’ils n’ont pas le temps de rendre service, de venir à la messe, ça existe aussi. Des chrétiens qui demandent beaucoup à l’Eglise, et qui ne lui donnent rien ou qui ne répondent à aucun appel, ça existe aussi. Des chrétiens bavards, cancaniers, qui disent n’avoir pas de temps, mais qui trouvent du temps pour répandre de fausses rumeurs, et faire du tort à la réputation des autres, ça existe aussi : « Man un tel dit moin kon ça, que on moun d’ye, que ou dye, que un tel dye.. » Oh. là là ! ho là là !..Sortir de ces commérages, rechercher ce qui est important, et cela à la lumière de la Foi, c’est donner son vrai sens à ce temps de l’Avent. Ce n’est pas facile de vivre,  surtout lorsqu’on doit ramer à contre-courant des habitudes, des mentalités, de l’ambiance qui décourage, et aussi de sa lassitude. Alors il faut se battre. St. Paul le dit encore aujourd’hui. « Revêtons-nous pour le combat de la Lumière ». Jésus vient. Toute la liturgie de ce dimanche respire la joie de la rencontre. Alors, comme le Psalmiste nous y invitait : « Allons dans la joie à la rencontre du Seigneur. »Amen.

Par Yves GILLOT
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Vendredi 12 novembre 5 12 /11 /Nov 12:06

 33° dimanche C.2010

 

Frères chrétiens,

 

                   Tous les cataclysmes de ces temps derniers (tremblement de terre, cyclone, ouragan, typhon, éruption volcanique) semblent illustrer mot pour mot cet évangile de ce jour.

Et pourtant, il ne faut pas être myope, ( i.e. regarder de trop près), dans un verre grossissant, comme si ces catastrophes-là arrivaient pour la première fois  dans l’histoire humaine. Evidemment non ! Depuis que le monde est monde, on a vu des tremblements de terre, des cyclones, des typhons etc.. Or beaucoup se demandent, (comme dans les temps passés d’ailleurs),  si ces cataclysmes à répétition ne seraient pas le signal de la fin du monde.

Mais il y a encore quelque chose de plus alarmant, et que certains interprètent comme les clignotants d’un monde qui est en train de basculer. La disparition des valeurs morales, la perte du sens  et du respect de la vie humaine (banalisation de l’avortement et manipulation génétique), la montée du terrorisme et de l’islam, l’indifférence religieuse, l’effondrement des valeurs de la civilisation chrétienne. Ces signes sont d’autant plus inquiétants qu’ils s’accompagnent d’un débordement, d’un chambardement généralisé. Il n’y a qu’à voir : des jeunes qui entrent à l’école avec ciseaux et rasoir, qui agressent leurs enseignants, ou qui se jettent dans la rue en foule pour contester, pour résister, pour contredire.

Et la peur nous guette. Et cette peur ne fait que s’amplifier quand les medias (la radio, la télévision les journaux) nous rapportent sans cesse les récits des guerres interminables, des prises d’otage, et des actes criminels en tous genres, dont souvent sont victimes les petits enfants.

Il faut ajouter enfin que, ici et là, se dressent « des messies » (i.e. des gourous et des groupes religieux) qui s’offrent, aux gens peureux et inquiets, comme des bouées de sauvetage et des lieux de refuge.

Je ne sais pas si vous vous rappelez  par ex., ce qui s’est passé le 20 Novembre 1978. Un certain pasteur du nom de JIM Jones au Guyana avait entraîné dans un suicide collectif plusieurs centaines de personnes qu’il avait réussi à convaincre. De quoi ? De la fin du monde qui, selon lui, était proche, et qu’on ne gagnait rien à rester quelques jours de plus. Et je ne cite que celui-là, parce qu’il y en a eu d’autres.

St. Paul, dans une lettre aux Thessaloniciens, déjà mettait en garde les premiers chrétiens contre les oisifs, les arrogants, et ceux qui se faisaient passer pour messie, en  entraînant les pauvres gens dans des comportements insensés et suicidaires. Nous avons aujourd’hui nos parasites : irresponsables, tire-au-flanc,  exploiteurs, beaux-parleurs qui prétendent qu’il n’y a rien à tirer de cette  Babylone : (entendez ce monde que nous habitons) que ça ne vaut pas la peine de travailler, parce que ceci, parce que cela.

Mais enfin, qui suivons-nous ? Avec qui marchons-nous ? Ceux qui promettent des lendemains qui chantent, ceux qui prêchent des idées simples et populaires, des prophéties tarabiscotées ? La tentation est grande, grande  pour certains, de marcher  tête baissée, sans discernement, en prêtant l’oreille à toutes sortes de sollicitations.

Peuple de Dieu, nous le sommes. Bien entendu nous n’avons pas  la présence visible et rassurante du Christ, mais le fait qu’il ne soit pas là, je veux dire « physiquement présent », c’est au moins le signe qu’il nous veut adultes, libres et pleinement responsables.

Si nous croyons à notre libération par le Christ, si nous croyons à notre Rédemption par le Christ, i.e. à notre passage de la mort à la vie manifesté par notre baptême, pourquoi serions-nous encore noués par l’angoisse et la peur ? Je ne veux pas dire que l’angoisse et le peur ne soient pas une réalité qui peut nous habiter, mais la Foi en Christ doit nous aider à relever la tête, car notre rédemption approche.

Dès aujourd’hui des bouleversements peuvent arriver, des tremblements de terre nous jeter dans l’inquiétude, nous voyons cependant, et déjà, comme un soleil de  résurrection se lever lorsque les hommes se rencontrent, se parlent et se comprennent, lorsque des chefs d’Etat arrivent à envisager l’avenir de l’humanité autrement que par la guerre. Ainsi le 11 et 12 novembre dernier, 20 chefs d’Etat(le G.20)  ont cherché ensemble en Corée du Sud, comment établir un modus vivendi pour réguler les affaires financières entre les Etats. On n’a pas suffisamment insisté aussi sur le fait que, en mars 1957, ce sont trois chefs d’Etat chrétiens qui ont jeté les bases de ce qu’on appelle aujourd’hui l’Union européenne.

N’est-ce pas un monde nouveau qui est en train de naître ?.

Notre foi nous donne de dire que le Christ entraîne la création toute entière dans son mouvement pascal de libération et de renouvellement. Nous attendons selon la promesse du Christ « des cieux nouveaux et une terre nouvelle » où la justice habitera (2P.3 :13). C’est là l’espérance de l’Eglise. « Marana tha ! » Tel est l’appel des chrétiens  à leur Seigneur, selon l’ancienne prière placée à la fin de la Bible : « Marana tha ! Viens Seigneur Jésus ! »

Nous sommes, Frères et sœurs, dans le temps de l’espérance. Le problème c’est de savoir vivre l’espérance chrétienne dans ce monde difficile et d’y persévérer quoiqu’il arrive, comme nous y exhorte Jésus aujourd’hui : « C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. » La surabondance du mal, du péché de l’homme, met notre foi à l’épreuve, c’est certain. C’est pourquoi on se demande parfois où est le Bon Dieu ? que fait-il ? Pourquoi n’intervient-il pas. Après le psalmiste de la Bible, nous nous étonnons aussi du silence de Dieu. Nous avons du mal à accepter ce silence. Or Dieu connaît son Jour et son Heure. C’est pourquoi il nous invite à persévérer dans la Foi.

Par Yves GILLOT
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Samedi 6 novembre 6 06 /11 /Nov 16:02

32° dimanche C.2010

 

Frères et sœurs,

 

Les saducéens dont parle l’évangile rejetaient l’idée, (absurde à leurs yeux) de la résurrection du corps, une idée particulièrement importante à leurs adversaires religieux, i.e. les pharisiens. A leur question-piège sur la situation dans l’au de-là d’une femme veuve sept fois, la réponse de Jésus est claire. La vie dans l’au delà et dans laquelle nous serons ne reproduit pas la vie présente ; elle est une vie autre, parce qu’elle est participation à la vie de Dieu. « Ils sont fils de Dieu, dit Jésus, étant héritiers de la résurrection ».

Comme les sadducéens, ils sont encore nombreux les gens qui aujourd’hui encore prétendent qu’il n’y a pas de résurrection des morts.  Parmi eux,  il y a même des baptisés. Ils se posent la question : est-ce possible ?..Et si mon corps est réduit en cendres, comment vais-je revivre ? Ils refusent alors de croire ce qu’ils n’arrivent pas à comprendre.

Et pour se rassurer, on cherche des explications comme parex. la réincarnation. On préfère adopter des opinions philosophiques, ou des doctrines des religions orientales (tel que le Boudhisme ou l’Hindouisme) qui satisfont davantage la raison. Que dit le Boudhisme ou l’Hindouisme ? C’est au prix (disent ces religions) d’une multitude de renaissances successives, de réincarnations successives que nous arriverons à nous purifier pour accéder au bonheur (lequel bonheur dans le Boudhisme s’appelle le Nirvana). Il y a aussi une autre théorie sur la résurrection, ou si vous voulez une autre attitude, qui consiste à rire et à tourner en dérision la foi des croyants.  On tourne purement et simplement en dérision, en moquerie, cette foi en la  résurrection comme de la superstition. A l’exemple des  sadducéens, cette catégorie de personnes refuse la foi en la résurrection, peut-être parce que, s’ils y croyaient, cela les obligerait à s’engager sur un chemin de conversion, ou à une vie morale plus sérieuse. De toute façon, dans ce refus, il y a une attitude  d’orgueil : l’orgueil de vouloir comprendre pour croire, alors que nous sommes invités à l’humilité de croire pour comprendre. La foi, ce n’est pas une démonstration, c’est l’acceptation d’une révélation, d’une promesse, qui s’appuie sur une parole de Dieu. En effet notre espérance en la vie éternelle tient du fait que le Seigneur nous promet une vie, et par conséquent nous n’avons rien à craindre. Jésus ne va pas répondre à la question piège des Sadducéens, mais il  va les éclairer en leur rappelant le projet de Dieu sur l’homme, tiré du Livre de la Sagesse.  Le livre de la Sagesse dit : « Dieu a crée l’homme pour existence impérissable. ». Or ce désir de vivre, ce formidable besoin de vivre  nous le ressentons profondément, et nous l’attendons chaque matin.

 Comment alors  ressentirions-nous ou aurions-nous  un autre désir que celui de la victoire définitive sur toutes les forces maléfiques qui nous accablent et qui nous dégradent ?  Il n’y a qu’à voir, qu’à entendre les cris, les appels au secours de tant de gens dont la vie est menacée. C’est vrai : nous sommes comme prisonniers d’un monde où dominent le péché, le mal et toutes sortes de malheurs.

 Alors, qui nous libérera. ? Le Christ  évidemment. « Et si le Christ nous a libérés, dit st. Jean, c’est pour que nous soyons vraiment libres ». Devenus fils et filles de la résurrection, pour toujours, nous « cesserons d’être asservis au péché ». L’Evangile nous conjure de rechercher la solidité de la foi et de la Parole de Dieu pour nos vies, et de nous appuyer sur le Rocher qui est Christ. La mort est quelque chose de tragique. Elle brise nos liens avec ceux que nous aimons. Mais la foi en la résurrection, c’est l’affirmation au contraire que loin d’être perdu, nous nous retrouvons plus vivant, et mieux vivant dans une communion de vie avec Dieu. Car dans le temps présent tout est provisoire. Et c’est justement le message de l’Evangile de ce dimanche. Tout est provisoire. Le corps est provisoire. La sexualité est provisoire. Le mariage est provisoire. Trop souvent (et cela transparaît dans les propos rapportés dans l’évangile), nous transposons nos expériences provisoires et limités dans le monde de Dieu en oubliant que nous parlons, avec notre langage humain, de réalités qui nous dépassent infiniment. Je comprends parfaitement que certaines doctrines, certains enseignements de l’Eglise puissent être difficiles. Mais il ne faut pas en prendre  et en laisser comme ces gens qui vont au supermarché : ils choisissent ce qui leur plaît pour composer leur panier de provision et ils laissent le reste. On aurait tort de considérer la Parole de Dieu sans importance. Laisser les gens croire ce qu’ils veulent, et mettre de côté tel ou tel aspect de la foi de l’Eglise, ce serait ignorer l’importance de « l’Amen » que nous disons si souvent. L’Amen est une comme une profession  de foi commune et personnelle.

 

 

Par Yves GILLOT
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Samedi 9 octobre 6 09 /10 /Oct 16:05

28°Dim. 2010.C

 

Frères et sœurs,

 

 

                   Etre lépreux, être tenu à distance, être montré du doigt, voir des gens passer sur le trottoir d’en face, se sentir évité, nous devinons quelque peu la souffrance et l’humiliation de ces personnes affectées par cette maladie. Etre lépreux, à l’époque de Jésus, c’était en quelque sorte être un homme fini, un mort parmi les vivants, un exclu de la société. Dix lépreux donc : de quoi faire fuir toute la population d’un village.

Une petite remarque tout d’abord. Lorsque l’Evangile nous raconte l’histoire de la rencontre des aveugles, des paralytiques, des boiteux, des lépreux qui crient vers Jésus, nous lisons tout bonnement, nous cherchons souvent, et en premier lieu, à trouver le sens spirituel de leur démarche. Et  nous ne prenons pas, le plus souvent, le temps de les regarder, de compatir à leur souffrance et à leur handicap. Compatir vient du latin, cum-patere (= souffrir avec..) Je dis cela parce que, ayant été moi-même ces mois derniers, handicapé,(comme vous le savez) avec une jambe cassée, je ne peux pas, (je ne peux plus) ne pas compatir à la souffrance (je ne sais comment dire), au supplice, à l’affliction, à l’amertume, à l’épreuve d’une personne qui marche ou qui sautille avec des béquilles, ou qui est cloué dans une chaise roulante. Voir un malade, lépreux ou pas, le regard chrétien envers celui-ou celle-là ce doit être un regard de compassion. Compassion : souffrir avec…

 Dans ce passage d’évangile, il nous est donc raconté l’histoire de dix lépreux. Alors ces lépreux prennent un risque. Ils s‘avancent vers Jésus, malgré l’interdiction que leur impose la loi de l’époque, et ils se mettent à crier : « Jésus, Maître prends pitié de nous. » Ils crient. Ils ont soif de lumière, de vie, d’amour, de relations normales. Ils ont peut-être deviné que Jésus n’était pas comme les autres. Les apôtres ne devaient pas se sentir à l’aise en voyant venir ces malades. Pour Jésus au contraire ces hommes humiliés étaient l’image de notre humanité, malade du péché, errant et vivotant sans but, dans la solitude et le désespoir.

Nous connaissons la réponse de Jésus : « Allez vous montrer aux prêtres ». Il faut savoir en effet, qu’à l’époque de Jésus également, selon la prescription du Livre du Lévitique, il revenait aux prêtres de constater la guérison, et d’accomplir la réintégration officielle dans la communauté. Car ces malheureux étaient exclus de la communauté, de peur de contaminer tout le monde. A l’époque, ne l’oublions pas, il n’y avait d’antibiotiques. Par conséquent, le fait de leur dire d’aller se montrer aux prêtres, c’était déjà une promesse de guérison, une guérison commencée. Or sur la route, tandis qu’ils s’avancent, guéris, un seul revient sur ses pas pour dire merci. Notez bien que st. Luc ne dit pas que les neuf autres ont été des ingrats pour n’être pas revenus. Pas du tout ! Ils sont sans doute allés jusqu’au temple de Jérusalem. Mais l’évangéliste note que, un seul a eu l’intuition que Jésus n’était pas n’importe qui, qu’il était plus que le temple, et que c’est vers lui qu’il fallait aller. Jésus l’approuvera. C’est donc sur ce comportement  du Samaritain qui fait demi-tour, c’est là-dessus que l’Evangéliste insiste pour nous faire une catéchèse. Il veut nous faire comprendre quoi ?  Que désormais le seul temple où l’on peut rendre gloire à Dieu, c’est auprès de Jésus et en Jésus..C’est en lui, avec Lui et en Lui, que nous pouvons rendre toute gloire à Dieu

Ainsi donc ce Samaritain, cet étranger, ce païen, apparaît-il ici comme le premier d’une longue chaîne, celle de tous les païens qui paradoxalement vont comprendre plus rapidement que les Juifs qui est Jésus. Plus rapidement aussi, ils entreront dans l’Eglise parce qu’ils auront su reconnaître en lui Jésus le sauveur.

Mais  l’histoire de ce dix lépreux que Jésus guérit, n’est-ce pas un peu aussi le récit de notre propre comportement ? Et ceci à deux niveaux.

Par ex. Il y a des images, des souvenirs, des émotions qui s’imposent à nous quand nous essayons d’identifier des personnes qui ont eu de l’importance dans notre vie : parents, professeurs, amis et bien d’autres personnes encore, qui nous ont aidé à des moments critiques. En pensant à tout ce monde, à qui nous devons tant et tant de choses, nous nous sentons peut-être un peu coupable de ne pas leur dire plus souvent merci. Cela leur ferait tellement plaisir s’ils savaient que nous reconnaissons que c’est grâce à eux qu’on est devenu ce que nous sommes. Finalement ce ne serait pas très compliqué de le leur dire ou de le leur faire savoir. Mais pour Dieu comment faire ?

Quelqu’un disait : « Celui à qui j’ai le plus difficulté à dire merci : c’est Dieu. J’ai beau dire que je lui dois tout, mais ce que je fais en signe d’action de grâces et ce que je dis ne me semble très insuffisant ».  Si ma foi me pousse à servir les autres, à m’engager, à  aimer même quand c’est difficile, à  pardonner même quand c’est difficile, c’est grâce à Dieu. C’est par la grâce de Dieu que j’arrive à faire tout cela. Et tout cela n’est pas une illusion, car en faisant un retour sur soi-même, on s’aperçoit que le dépassement dont on a été capable vient de plus loin que soi, de plus haut que soit. Alors c’est par Jésus que je dis merci,  c’est en Jésus et avec Jésus que je dis à Dieu honneur, louange et action de grâces. Rien est au-dessus de cela.

Il y a autre chose encore. Lorsque nous sommes dans le besoin nous savons trouver le chemin de la prière, et crier : « Jésus Maître prends pitié ! » Et nous sommes exaucés. Or parmi les dix lépreux exaucés,  un seul va entendre « relève-toi, ta foi t’a sauvé.. » Il y a plusieurs chemins vers Jésus : un chemin nous tourne vers lui quand nous sommes dans le besoin ; et un autre nous ramène à lui pour le reconnaître. Beaucoup ne parcourent que le premier. Ils tirent bénéfice d’une grâce reçue. Et c’es tout ! C’est un premier pas. Dieu n’est pas avare de ses dons. Il ne le mesure pas à notre gratitude. Cependant d’autres vont plus loin et deviennent ses disciples.

Vivant dans un monde où l’utilité, la productivité, l’efficacité sont perçues comme des valeurs de première importance, nous risquons, nous les chrétiens, d’être aussi contaminés par cette mentalité du rendement, du profit, de la rentabilité: « la Messe à quoi ça sert ?.. La prière pourquoi faire ? » Contaminés, nous aurions peut-être tendance à ne plus savoir « perdre » du temps pour nous jeter comme le lépreux aux pieds du Seigneur. « Je n’ai pas de temps à perdre ». J’imagine que les autres lépreux  étaient,  eux aussi, très pressés d’aller dire qu’ils étaient guéris, au point d’avoir oublié l’essentiel. Or l’essentiel, du moins pour celui qui est retourné sur ses pas, c’était de ressourcer sa foi et son amour auprès d’un visage, celui de Jésus de Nazareth. Et sans doute, il ne l’a pas oublié. Que Jésus soit pour nous, ce qu’il a été pour ce malade, ce visage qu’on ne peut jamais oublier.

Par Yves GILLOT
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